Nouvelle lettre du Roi d’Église aux membres de l’Œuvre de la Dame - Un monde à reconstruire

COMMUNICATION DE MARC-ANDRÉ 1er


écrit

DATE DE PARUTION

21 . 07 . 2026

Thématique

Communiqués | Nouveautés

Auteur

Marc-André 1er

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Lettre du 13 juillet 2026

Lettre du Roi

Lac-Etchemin, le 13 juillet 2026.

Un monde à reconstruire

Chers membres de l’Œuvre de la Dame, chers amis,

Qu’il est long le chemin qui conduit à la victoire, et qu’il est rempli d’embûches! Il y a seulement quelques semaines, je vous adressais une longue lettre intitulée « Telle est la réalité », dans l’intention de mettre, si possible, un point final aux rumeurs et questionnements divers à propos d’abus sexuels jadis commis dans le cadre de l’Armée de Marie et d’abus de pouvoir qui s’étaient prolongés jusqu’à plus récemment. Puis, comme il était à prévoir, certains médias ont repéré ces informations et les ont complétées par d’autres provenant d’autres sources, ce qui a rapidement donné lieu à quelques articles, entrevues et reportages pas toujours entièrement exacts.

Suite à cette première lettre (publiée dans la revue et rendue accessible sur Internet), outre quelques témoignages douloureux, j’ai reçu de nombreuses lettres et messages exprimant des remerciements, des encouragements… et des soulagements. Car, après l’épreuve, nous allions pouvoir enfin dépasser la pesanteur ancienne et nous élancer, plus légers, vers le bel avenir annoncé.

*

Dans le texte mentionné, j’ai expressément tenu à parler en priorité des victimes ~ à parler aux victimes ~, car elles me paraissaient être les grandes oubliées des propos entendus et des regrets exprimés. Il en est d’ailleurs encore souvent ainsi. C’est pourquoi, dans le domaine des abus sexuels, je récuse et désavoue toute intervention, toute entrevue, toute parole et tout écrit, qu’ils soient le fait de quelque membre de l’Œuvre que ce soit, dans lesquels ne se retrouverait pas l’expression sincère du souci que nous devons tous avoir pour les victimes (connues ou inconnues).

Il faut que s’ancrent en nous la compréhension de ce qu’elles ont vécu pendant leur enfance ou leur adolescence, le désaveu le plus complet des actes qu’elles ont subis, la compassion réelle à l’égard de leurs souffrances, que celles-ci appartiennent au passé ou que, plus souvent qu’on le pense, elles se poursuivent dans le présent, malgré les décennies qui se sont écoulées. Conçoit-on bien ce qu’est une souffrance qui fait encore gémir et pleurer trente ou quarante ans plus tard? Certaines personnes se relèvent de telles situations, d’autres non. Dans les cas de pédophilie dont il est question, ces personnes ainsi marquées peuvent être des maris, des pères, des frères ou des amis.

*

Pour le reste, il faut faire la part des choses. Il y a d’abord le recours à la justice des hommes. Tout imparfaite et limitée qu’elle puisse être, il est souvent nécessaire d’y faire appel : elle n’existe pas seulement pour châtier les coupables mais aussi pour protéger les innocents, d’où sa fonction sociale incontestable. Par contre, il faut bien constater que l’Église catholique s’est longtemps crue au-dessus de la justice et des lois des hommes et qu’elle a même établi ses propres règles à cet égard au point d’avoir créé parfois comme un sentiment d’impunité chez certains membres du clergé : l’évêque envoie le prêtre ou le religieux pédophile dans un autre groupe, une autre paroisse, les plaignants rentrent chez eux et le tour est joué…

Non, le tour n’est pas joué! Nous le savons tous : c’est ainsi qu’on faisait il y a trente ou quarante ans, c’est ainsi que la société trouvait acceptable qu’on fasse alors, mais c’est fini. Notre monde a beaucoup de défauts mais il évolue aussi positivement dans certains domaines : on ignore de moins en moins les témoignages des victimes et les coupables ne peuvent plus éviter si facilement de faire face à la justice. Il reste qu’une compensation monétaire, quelque élevée qu’elle soit, envoie à la société le message déplorable que l’argent prime sur toute chose et qu’une grave erreur morale peut se racheter par un simple virement bancaire. Certes, quand un abuseur est déclaré coupable, on peut imaginer que cela met un baume au cœur de l’abusé, que cela lui donne le sentiment que la société reconnaît le mal qu’il a subi et par conséquent que justice est faite, mais je doute beaucoup que cela puisse régler ses douloureux problèmes intérieurs, car cela n’atténue en rien le lourd souvenir de son vécu.

*

Prêcher la miséricorde et le pardon, c’est très bien, c’est même la seule véritable voie de libération pour les victimes. Mais nous rendons-nous bien compte que, lorsque nous parlons ainsi, ce n’est pas à l’abuseur mais à l’abusé qu’il est demandé de faire un effort, un très gros effort parfois? Certes, il peut en retirer calme et sérénité, mais, plus encore que l’abuseur, il aurait également souvent besoin d’un accompagnement spirituel ou psychologique ou de soins appropriés. Ce n’est donc pas à cela qu’il faut se limiter.

Marie-Paule, dans ses paroles et dans ses écrits, a en effet dépassé ce premier niveau pour voir plus loin. Comme il n’est pas possible de changer le passé, qu’il faut donc « vivre avec », et comme il n’y a pas d’autre voie de guérison que le pardon, tout difficile qu’il soit, c’est le conseil qu’il faut donner. Mais au-delà du pardon, il y a la foi et l’amour, car la religion peut beaucoup aider en pareil cas, et, pour qui recourt au Ciel, il est possible d’en recevoir force et secours. Le monde extérieur ne comprendra pas cela, mais, pour qui croit en la Dame, il sait que c’est vrai.

*

Il faut aussi que change le regard que porte tout être humain sur lui-même et sur tout autre être humain. C’est un monde à reconstruire : il faut que chaque personne (enfant, femme, homme) soit considérée comme un sanctuaire inviolable, une entité sacrée pour elle-même et par la présence divine en elle ou lui : « Tout ce que vous avez fait à l’un de ces petits qui sont mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait », disait Jésus (Mt 25, 40). Le chemin que l’humanité doit encore parcourir est énorme, énorme, et quelque grand événement qui doive encore survenir pour hâter la pleine venue du Royaume, la Terre ne sera pas, du jour au lendemain, peuplée de saintes et de saints…

Nous devrons tous travailler à l’amélioration des règles et des lois, des attitudes et des comportements, des idées et des conceptions, des principes d’éducation surtout. Le spirituel seul ne peut pas sauver le monde : il est ce par quoi il faut commencer, mais une fois que, chez une personne ou dans un groupe, il est bien vécu, stabilisé, mûr en quelque sorte, alors il doit « déborder » sur le temporel d’une manière ou d’une autre et promouvoir une société plus sûre et plus juste pour tous les hommes. Aucune religion ne s’est jamais établie à grande échelle sans institutions temporelles qui s’en inspirent et la soutiennent. Quand la Dame de tous les peuples, dans ses messages d’Amsterdam, parle de Justice et d’Équité, ce n’est pas du spirituel qu’Elle parle, mais des heureux effets que, par les hommes, il doit avoir sur la société.

Que s’établisse le Royaume toujours davantage afin que, chaque jour un peu plus, il puisse ordonner la Terre entière!

                                                                                       Marc-André Ier, le 13 juillet 2026

ANNEXE

La lettre reproduite ci-dessus était à peine écrite que je me suis retrouvé à converser avec un vieil ami qui a la triste particularité d’avoir été lui-même la victime d’un pédophile pendant son enfance. Tandis qu’il me parlait de ma lettre du 25 mars dernier, parue dans la revue, j’ai soudain pensé que j’avais là l’occasion de connaître la réaction d’une victime à ma nouvelle lettre. Il a paru content de pouvoir la lire et, surprise, il m’a envoyé son appréciation dans la soirée. Il est rare qu’une victime de tels actes s’exprime et il est bon de savoir comment au moins une personne vit la situation actuelle créée par les médias à la suite de ma première lettre. – MB

Cher Marc,

Sincère merci de m’avoir remis ta magnifique lettre remplie d’empathie, de compréhension et d’espoir. Cela me touche beaucoup. On y sent un jugement éclairé et équilibré, je dirais même une Lumière divine. Si tu me le permets, je vais t’exprimer mon humble avis à la suite de la parution de ton article « Telle est la Réalité », de la série d’articles parus dans les médias et de ta nouvelle lettre que je viens de lire.

Pour moi, la revue Le Royaume de mai-juin a ouvert une voie de libération. Après tant d’années de silence et de souffrances, j’ai poussé un soupir de soulagement : enfin, on reconnaissait publiquement la véracité des faits survenus et, de plus, je recevais une demande de pardon que je sentais authentique, en ton nom et au nom des responsables actuels de l’Œuvre !

Malheureusement, quelques semaines plus tard, ce que nos oreilles ont entendu à travers la récente vague médiatique est venu détruire la paix ressentie, car l’on semblait pratiquement ignorer les victimes des abus sexuels. Le « souffle » que j’avais repris fut vite étouffé… Pour moi, c’était l’incompréhension, l’incohérence, le questionnement. Il m’a semblé que le message était tout autre et j’ai constaté que les commentaires autour de moi (de jeunes et de moins jeunes) allaient dans le même sens. Le message de ton article ne se retrouvait pas dans les interventions relayées par les médias. Je suis donc en mesure de dire que les personnes qui ont subi le même sort que moi sont sûrement ébranlées en ce moment.

Toutefois, la lecture de la présente lettre « Un monde à reconstruire » vient tout apaiser. Dès le début, on ressent la même sincérité et les mêmes dispositions que dans ta première lettre. Tu te focalises sur l’essentiel de cette situation douloureuse : les victimes. Peut-on réellement comprendre qu’une souffrance fait encore pleurer après plus de 40 ans, même après avoir pardonné? Il est important de respecter le cheminement de chacun. Et avec du temps, de l’aide et du soutien, on peut effectivement rejoindre le message de pardon et de miséricorde de Marie-Paule.

En peu de mots, tu couvres tous les points tant sur le plan temporel que sur le plan spirituel. C’est direct, concis et profond. Le chemin vers la victoire est peut-être long, mais je t’encourage à publier ce texte « Un monde à reconstruire ». Le message que tu y apportes permettra à plusieurs de « se reconstruire » et de retrouver la paix du cœur. C’est également important pour nos jeunes de te lire et de saisir ta pensée qui est sûrement différente de celle du monde dans lequel ils vivent.

De tout cœur : MERCI !

Une victime que tes écrits ont apaisée.


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