DATE DE PARUTION
15 . 08 . 2024
37 - «Le germe de la force augmentera en toi»
DATE DE PARUTION
15 . 08 . 2024
Thématique
Lettres aux jeunes filles
Auteur
Les Filles de Marie

Chère Amie,
Mathilde, émotive, souffrante moralement, tente d’expliquer à Soeur Lucette ce qu’elle vit, chaque jour, à l’école et qui la perturbe. Il y a cette fille qui, depuis quelques mois, a adopté le terrifiant style gothique: vêtements, cheveux, maquillage et piercing noirs, elle semble sortir tout droit d’un film d’horreur. Pourtant, l’an dernier, elle avait encore un «look» d’adolescente ordinaire.
Puis, il y a ces filles qui parlent de leurs expériences sexuelles et ces garçons, fixés sur leur téléphone, avec une attitude et un langage vulgaires, qui s’amusent trop souvent à regarder des images obscènes. Parfois, elle croise aussi ce groupe de jeunes qui profitent de toutes les occasions pour se retrouver à la limite du terrain, afin de vapoter, on ne sait trop quoi. Ils l’ont même déjà invitée à se joindre à eux et à leurs rencontres de fin de semaine.
Mathilde a autre chose sur le coeur. Elle raconte à Soeur Lucette comment elle a du mal à entendre tout ce «sacrage», dans toutes les conversations. Et que dire de tous ces jeunes, dans les corridors ou dehors, qui, dans l’éveil, l’attrait et la force des sens, n’affichent à peu près aucune retenue dans leurs manifestations amoureuses? Pourquoi ne pourrait-elle pas, elle aussi, sortir avec tel ou tel garçon qu’elle trouve beau et gentil et qui se montre même intéressé, ou se joindre aux fêtes de jeunes sans surveillance?
«Je suis la seule comme moi. J’ai l’impression de venir d’une autre planète, de ne pas être née dans la bonne époque», dit-elle à Soeur Lucette qui l’écoute attentivement. Mathilde souffre, car le monde scolaire est contraire aux valeurs morales semées dans son coeur. Et, parfois, elle devient même confuse au sujet de ces valeurs qui la différencient des autres et la font se sentir si seule. C’est ainsi qu’au fil des semaines, une certaine lourdeur et un découragement se sont emparés de son coeur.
C’est dans une atmosphère semblable que tu te retrouves toi aussi, chaque jour, lorsque tu quittes ton foyer pour l’école! Ce n’est pas facile! Nous le savons et nous te comprenons! Mais, sais-tu que tu peux devenir, dans ton milieu, une héroïne des vraies valeurs qui triompheront un jour du Mal?
Les héroïnes manifestent un grand courage et ne se laissent pas aller à la peur. Sir Winston Churchill, un homme d’État considéré comme un héros de la Deuxième Guerre mondiale, disait: «La peur est une réaction; le courage est une décision». Quelle formidable et inspirante citation à mémoriser! Le courage, bien sûr, ne s’acquiert pas du jour au lendemain. Mais tu peux commencer à choisir d’affronter courageusement tes journées d’étudiante avec la force de la grâce du moment présent et celle de la prière.
«Fière jeunesse, tu auras à souffrir, bien sûr, comme les autres», disait Marie-Paule. Elle voyait déjà les difficultés et les luttes de cette vaillante jeunesse.
Mais elle ajoutait, à son endroit: «tu traverseras les cycles de la douleur avec un courage sans cesse renouvelé. Le germe de la force augmentera en toi avec la force de ton amour.» (Journal Le Royaume, no 110, mai 1996, p.1)
Aussi, pour t’aider à mieux vivre ce qui vient t’ébranler, entre donc dans la prière chaque fois que tu entres à l’école. Engage une conversation avec Dieu et la Dame à propos de tout ce monde qui t’entoure. Toutes ces personnes qui ne connaissent pas Dieu, qui ne savent pas l’aimer, qui l’offensent, sans le savoir ou en le sachant, toutes ces personnes, regarde-les avec compassion et demande avec confiance à la Dame de les aider, de les éclairer, de les guider en des routes plus heureuses, de faire de la Lumière dans leur coeur.
L’Esprit saura t’inspirer une demande adéquate, pleine de bonté et d’amour pour chacun. Cette prière sera alors une manière d’exercer ta charité, d’ouvrir ton coeur à la misère des âmes pour intercéder en leur faveur et, peut-être un jour, ce que nous souhaitons, leur ouvrir des voies de grâce.
Forte de tes convictions, nous t’invitons à continuer de donner courageusement le bon exemple autour de toi en restant sereine et heureuse et en chantant: «Le courage, à tout âge, pour le paulien est noble et beau!»
Le lendemain matin, seule dans sa chambre, en se préparant à partir pour l’école, Mathilde, plus reposée, repense à son échange de la veille avec Soeur Lucette. Elle s’arrête, puis se place debout devant la photo de Marie-Paule, relève ses épaules, bien droites, dans une nouvelle attitude de détermination et de grandeur; puis elle s’efforce de sourire dans son coeur, disposition activant les muscles de son visage, alors que le coin des lèvres se relève un peu plus.
Serrant d’une main la médaille miraculeuse qu’elle porte au cou, médaille de l’Immaculée qui a eu le courage d’écraser la tête du Serpent, elle dit, à voix haute et fermement: «Marie-Paule, avec toi dans mon coeur, je vais affronter cette journée avec courage. Je peux tout en toi et avec toi, car tu me fortifies. Toutes les personnes que je rencontre, je te les confie.» Puis, avec une nouvelle énergie puisée à la source de la foi et de la charité, elle ramasse son sac et quitte son foyer, prête pour le combat du jour.
Mathilde: héroïne! Et toi, que décides-tu?
Va, et que la force et le courage soient avec toi!
Les Filles de Marie
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