DATE DE PARUTION
02 . 07 . 2026
Communication du Bureau d'information
DATE DE PARUTION
02 . 07 . 2026
Thématique
Communiqués | Nouveautés
Auteur
Marc-André 1er
Informations supplémentaires
Le Bureau d’information met à la disponibilité de tous l’article de Marc-André Ier intitulé « Telle est la réalité », paru dans la revue Le Royaume, n° 300, mai-juin 2026.
Version téléchargeable de l’article « Telle est la réalité »

Lettre du Roi d’Église aux membres de l’Œuvre de la Dame
par MARC-ANDRÉ Ier
Chers Chevaliers de Marie, chers amis,
22 février 2026. – Dans la continuité du travail de mise à jour et de relance entrepris depuis quelques années dans la grande Œuvre de la Dame, les responsables des œuvres qui la constituent, nommés par Marie-Paule, sont animés par le souci constant de favoriser la transparence en toutes choses et de permettre l’accès de tous les membres à la connaissance de la vérité. C’est pourquoi ils ont décidé collectivement qu’il fallait agir selon son exemple, en l’appliquant le mieux possible aux circonstances qui seront décrites dans les pages qui suivent. Il est nécessaire en effet de faire enfin toute la lumière à propos de certains faits passés qui n’ont jamais été totalement clarifiés.
De même, il a été convenu que c’est le Roi d’Église qui rédigerait le présent texte d’information qui serait ensuite étudié par d’autres responsables. Cette lettre a donc été complétée de leurs connaissances et de leurs observations, puis elle a été approuvée pour la publication.
Par ailleurs, les faits mentionnés font partie de l’histoire de l’Œuvre et il convenait de les mettre par écrit, sans les embellir ni les ternir, car ils sont riches de bien des enseignements. Sans oublier que l’Œuvre elle-même est un trésor inestimable que Marie-Paule, après l’avoir si chèrement payé, nous a laissé avec tant d’amour que nous avons le devoir de tout faire pour que le Royaume naissant se développe, échappe au pouvoir des forces obscures et nous conduise à la Réalité nouvelle.
Les faits qui seront abordés, que certains connaissent et d’autres non, continuent d’avoir des conséquences et causent encore bien des souffrances à certaines personnes. Et c’est la raison pour laquelle «il ne faut rien cacher», selon que titrait le journal Le Royaume1 en d’autres temps, à propos d’autres situations. Il en est certes ainsi, mais à condition que leur divulgation soit utile ou nécessaire et toujours respectueuse des personnes et de la vérité. Telle est donc la ligne de conduite qui sera suivie tout au long du présent travail, alors que nous nous placerons sous le regard de la Dame qui nous a réunis et que nous nous situerons dans le cadre du monde tel qu’il existe aujourd’hui.
UN TRISTE CONSTAT
Ainsi, sur un plan très large et dans quelque sens qu’on le prenne, nous sommes à un tournant de l’histoire des hommes, et Marie-Paule disait même «au déclin d’une civilisation»2. Combien c’est vrai! Combien c’est rapide aussi, combien c’est même inquiétant! Tout s’effondre autour de nous: la foi d’abord et la religion, la culture et l’éducation, la politesse et le respect, la pudeur et la fidélité, le souci des autres et la perception de l’être humain comme créature de Dieu.
Des décennies d’obscurcissement progressif et d’ignorance organisée ont fait oublier à la plupart des hommes le vrai sens des choses: ils se sentent perdus et, quand un être vivant se sent perdu, c’est alors qu’il peut devenir agressif et ne plus penser qu’à lui, cherchant à se protéger.
Tant de grandeur passée pour en arriver à l’état du monde actuel! Tant de constructions magnifiques et de paysages savamment aménagés, tant d’œuvres d’art et de créations spirituelles, tant d’inventions témoignant du génie dont Dieu a doté les hommes! Ensuite, et depuis longtemps déjà, mais de plus en plus vite et de plus en plus fort, l’universel et terrible effondrement: la destruction du beau et la promotion du laid, la négation du vrai et la prolifération du faux, le bon tourné en ridicule et le mauvais triomphant partout, comme l’expression forcée d’un culte adressé aux puissances du Mal qui nous assaillent et nous pressurent de toutes parts.
Certes, il ne faut pas désespérer, même si le Mal domine et pourrit le cœur de beaucoup d’hommes. Y a-t-il même seulement quelqu’un qu’il n’atteint pas d’une manière ou d’une autre, tant sont variées ses méthodes et qu’est rusée son action? Dès lors, à côté de tout le Bien que nous pensons, voulons faire et faisons le plus souvent, n’y a-t-il pas aussi plus ou moins de mal en nous, que ce soit en conséquence de la Faute originelle ou à cause de ce que la vie sur Terre a fait des hommes en dénaturant leur âme et en leur faisant souvent perdre le sens de Dieu.
LE MAL EST PARTOUT
Ce qui existe dans le monde extérieur existe aussi chez nous, n’épargne malheureusement pas nos rangs. Certes, il y a beaucoup de membres de l’Œuvre qui souhaiteraient être meilleurs et même parfaits, mais cela n’a jamais été pour personne un but qu’il est facile d’atteindre. Toujours le Mal épie, surveille, attend, travaille, illusionne et nous atteint souvent bien malgré nous.
Marie-Paule ne supportait pas qu’il y ait des situations incorrectes ou des comportements regrettables au sein de l’Œuvre: Elle en parlait comme de taches dans une boule de cristal3 et celles-ci La faisaient beaucoup souffrir. On le comprend bien, mais les hommes étant ce qu’ils sont, dans quelle mesure était-ce inévitable? Il reste que le Mal, il faut le dénoncer, le combattre et tenter de l’écarter. Mais ce n’est pas toujours à notre portée ni même toujours possible…
REDRESSER LA SITUATION
Et c’est ainsi que l’Œuvre de la Dame a été laissée comme «à l’abandon» dans divers domaines et durant de nombreuses années, c’est-à-dire, en fait, depuis que Marie-Paule ne fut plus en état de la diriger (à partir de 2011). Père Victor Rizzi, Père marial, quelques jours avant de mourir le 13 août 2024, disait encore, se référant aux années écoulées depuis le départ de Marie-Paule en 2015: «Neuf ans d’immobilisme, ça suffit!» (Le Royaume, n° 290, 2024, p. 12)
Il faut préciser ici et même insister sur le fait que, dans tout ce qui va suivre, il ne s’agit pas de blâmer quiconque ou de le condamner: Dieu seul connaît les intentions des cœurs et seul Il peut en juger. Quand quelqu’un met des obstacles à l’avancement de l’Œuvre ou lui nuit par ses paroles ou ses actions, cela peut être l’effet d’une compréhension incomplète ou inexacte du Mystère de la Dame ou d’un jugement altéré porté sur les personnes ou les événements.
Depuis 2024 donc, et sous la courageuse impulsion de Père Victor, le Roi d’Église et d’autres responsables de l’Œuvre ont essayé de redresser la situation d’au moins deux manières: en «compensant» certains abandons de responsabilités et autres négligences ou errements divers, puis en allant résolument de l’avant dans toute la mesure du possible. Il se peut que certaines personnes aient trouvé que tout allait alors un peu trop rapidement, mais, en fait, c’est seulement parce que l’Œuvre avait pris beaucoup de retard et qu’il fallait le rattraper.
Maintenant, nous avançons à nouveau, de prière adaptée en rituel renouvelé, de décision pratique en projet entrepris, d’aménagement de locaux en entretien des équipements, pour la plus grande joie de toutes les personnes qui «vivent de l’Œuvre» au cœur de leur âme et au fond de leur cœur. Pour beaucoup, c’est un sentiment merveilleux. Pour d’autres toutefois, c’est un temps d’adaptation qui demande plus d’efforts et de temps. Mais il reste d’autres «dossiers» qu’il faut traiter. Si nous ne le faisons pas, si nous pensons pouvoir ignorer quoi que ce soit, d’autres risquent alors d’intervenir à notre place et d’agir à notre détriment.
LES MAUX PRINCIPAUX
Dans le monde actuel, parmi tous les maux que nos sociétés ont à subir, il y a notamment, s’il faut en croire les médias, les malversations financières ainsi que la recherche et les abus de pouvoir. Il y a aussi, mais ce n’est généralement pas formulé en ces termes, la dépravation des mœurs et l’impunité liée à la richesse, corollaire des abus de pouvoir et preuve, pour le dire en quelques mots, que l’argent domine puissamment le monde et détruit vraiment les âmes.
Ici, certains lecteurs se demanderont peut-être quel est le rapport entre ces situations déplorables et l’Œuvre de la Dame… En fait, c’est simple: ce qui existe dans tous les milieux (politiques, artistiques, sportifs, associatifs, etc.), et même au sein de trop de familles, se retrouve aussi dans les Églises et les mouvements religieux – combien n’a-t-on pas parlé de la pédophilie dans l’Église catholique par exemple! Alors oui, nous aurions tous aimé que l’Œuvre soit tout à fait irréprochable à tous égards, mais celle-ci étant composée des mêmes êtres humains que le monde extérieur et profane, elle connaît malheureusement certains des mêmes dévoiements.
Quand je dis «l’Œuvre», il faut s’entendre: elle comporte des laïcs et des religieux. De ce qui peut se passer dans les familles ou ailleurs, j’en sais seulement ce qu’en savent la plupart des gens, mais, vu le rôle qui est le mien, diverses personnes m’ont informé de certains faits qui se sont produits dans la Communauté des Fils de Marie. J’aborderai donc successivement la question du pouvoir et de l’autorité, puis celle de certains comportements déviants. (D’autres points pourraient être mentionnés, mais ils sont d’ordre secondaire et ce n’est pas ici le lieu de les aborder.)
LES ABUS DE POUVOIR
L’on entend souvent parler d’abus de pouvoir et parfois d’abus d’autorité. Les deux se ressemblent évidemment, se recoupent aussi, mais il existe quand même une certaine différence qu’il est bon de préciser. Ainsi, le pouvoir accompagne en général un poste ou une fonction qu’on s’est vu accorder, une responsabilité qu’on a reçue d’un supérieur ou, dans nos sociétés, une charge résultant d’une élection qu’on a voulu remporter, tandis que l’autorité découle le plus souvent d’un accomplissement personnel ou professionnel qui confère à son auteur une réputation de compétence et d’intégrité, c’est-à-dire une aura morale reconnue par les autres. Une preuve en est que l’on peut «prendre» ou «abandonner» le pouvoir mais pas l’autorité. Il reste toutefois qu’il y a beaucoup de confusion dans ce domaine et que les termes sont souvent mis l’un pour l’autre.4
Dans le cas des abus reprochés à Padre Jean-Pierre (déjà dénoncés en partie dans Le Royaume5 et qu’ils aient été conscients ou inconscients, volontaires ou involontaires), ils sont, à l’origine et dans la perspective développée ci-dessus, à la fois des abus de pouvoir et des abus d’autorité (le pouvoir ayant été reçu de Marie-Paule et l’autorité résultant en partie de l’action bénéfique de Père Pierre à la tête de la Communauté des Fils de Marie en Italie). D’autre part, les abus commis par Père Jean-François Mastropietro, principalement dans le cadre du Séminaire pour ce qui est des dernières années, sont de simples – mais graves – abus de pouvoir sans plus, ce pouvoir lui ayant d’ailleurs été donné par son frère qui en demeure, de ce fait, le vrai responsable (il aurait pu démettre Père Jean-François de ses fonctions à tout moment, ce qui aurait témoigné de son attention envers ses confrères, de son courage et de sa lucidité).
Ainsi, tous ces abus – nombreux, multiformes et très dommageables – ont été soit commis, soit acceptés, soit entérinés par le Chef de l’Église de Jean. Ces abus ont provoqué des défections parmi les Fils de Marie (ainsi que des départs à l’extérieur de la Communauté), des souffrances et des remises en question, des maux physiques et des troubles psychiques, des pertes de repères et des doutes à propos de l’Œuvre et de la Communauté, voire de Marie-Paule Elle-même qui, semble-t-il, avait beaucoup espéré en Padre Jean-Pierre et, sur indication céleste, l’avait nommé Chef de l’Église en lui transmettant une partie de ses pouvoirs. Une question qui demeure est de savoir ce qu’Elle prévoyait ou pressentait de ce qui allait se produire après son départ.
Les abus de pouvoir et d’autorité n’ont pas été seulement le fait des personnes nommées ci-dessus, mais ce sont elles principalement qui ont rendu la situation insupportable et même inadmissible, au point que, encouragés par Père Victor Rizzi juste avant son décès, nous avons dû – nous, c’est-à-dire l’assemblée des responsables nommés par Marie-Paule et réunis autour du Roi d’Église – prendre des décisions très difficiles et très douloureuses menant à l’éloignement de Père Pierre M.: mise sous tutelle de l’Église de Jean par le Roi d’Église et retrait progressif des responsabilités jusqu’alors assumées par les frères Mastropietro.
Tout est presque rentré dans l’ordre actuellement. «Presque» parce que, en date d’aujourd’hui, Père Pierre, après avoir fait savoir à beaucoup de gens, il y a plus de 15 mois, qu’il avait été «chassé» du Séminaire de l’Église de Jean, y demeure encore toujours avec son frère et leur mère âgée. Pour le reste, des mesures ont été prises par les responsables de l’Œuvre – et d’autres le seront encore – afin que de telles déviations ne puissent plus survenir. Nous prions aussi afin que toutes les personnes victimes, de quelque manière que ce soit, puissent réellement se rétablir, passer par-delà le préjudice subi et retrouver la pleine et bienfaisante sérénité de leur âme.
LES QUESTIONS MORALES
L’enchaînement normal, après avoir parlé des abus de pouvoir et d’autorité dans l’Œuvre de la Dame, aurait été d’aborder de front la question des «abus sexuels», terme communément employé pour qualifier ce genre de situations (et parfois remplacé par inconduite, agression, harcèlement, etc.), mais j’imagine mal le voir figurer en tant qu’intertitre dans une revue spirituelle comme Le Royaume. Alors, j’ai préféré retenir les mots de questions morales dans le titre en précisant bien, comme je le fais ici, que je traiterai seulement d’abus sexuels spécifiques, autrement dit, dans le cas présent, d’actes de pédophilie commis sur des garçons plus ou moins jeunes par quelques prêtres de l’Œuvre (à l’exclusion de toute autre attitude abusive ou incorrecte dont je ne serais pas informé).
Pour ce second point, je dois également prévoir que pourrait se manifester un éventuel clivage, étant donné que, pour diverses raisons, la connaissance de cette réalité diffère beaucoup selon les personnes. Ainsi, certaines trouveront peut-être que je livre peu d’informations, tandis que d’autres, entendant parler de ces réalités pour la première fois, pourraient être surprises, voire scandalisées, que des faits de cette nature aient pu se produire au sein de l’Œuvre de la Dame. Il appartient aussi aux parents de juger si le présent numéro de la revue peut être mis entre les mains de tous les enfants (car, oui, nous savons que des enfants lisent notre revue!).
Il n’y a cependant pas lieu d’être étonné de la situation, car Marie-Paule Elle-même, et par deux fois au moins, a mis en garde les membres de l’Armée de Marie du réel «danger» que représentait Père Denis Laprise pour les jeunes. Elle l’a fait oralement et par écrit. Voici, qui le prouvent, deux courts extraits (courts par manque de place: le second texte est très long) de ce qu’Elle a publié, d’abord en 1979 dans Vie d’Amour puis en 1997 dans le journal Le Royaume:
[Marie-Paule cite le Père Denis:] «Entraîné très jeune – trois ou quatre ans – dans des actes d’homosexualité, ce penchant fut très fort, au moment de l’adolescence, créant chez moi un problème psychologique assez sérieux et profond au point de croire que l’image que je reflétais chez ceux qui me voyaient ou me rencontraient, était celle d’un homme efféminé ou homosexuel. J’ai grandi avec cela. Je suis même devenu religieux, puis prêtre avec cette idée en tête.» (Vie d’Amour, vol. V, p. 169)
[Marie-Paule:] «Le Père Denis refoule chaque jour cette attirance sexuelle pour les jeunes, craignant constamment les imprudences. Par “Vie d’Amour”, en 1979, nos membres en étaient informés. Un jour, un prêtre est venu me raconter un écart du Père Denis [et] par la suite, il a porté le cas du Père Denis à nos adversaires. De notre côté, nous avions aussitôt informé honnêtement nos Responsables. Tels sont nos efforts de charité et de transparence…» (Le Royaume, n° 123, 1997, p. 11)
C’était sommairement exprimé, délicatement même, et l’avertissement était ainsi donné publiquement. Mais, pour des raisons qui peuvent se comprendre et à cause de certains préjugés de l’époque, aucune victime (Fils de Marie, ex-Fils de Marie ou membre laïc) n’a porté plainte auprès des autorités policières, alors que cela aurait permis de tout faire cesser dès ce moment-là.
LES FAITS, LES RÉACTIONS
Il s’agit donc, principalement, de Père Denis Laprise et de Père Lionel Bélanger, tous deux décédés aujourd’hui, auteurs d’actes de pédophilie, c’est-à-dire d’actes de nature sexuelle perpétrés sur des enfants ou des adolescents. Les actes commis, quels qu’ils soient, sont toujours graves pour les victimes. Ils ont causé beaucoup de souffrances et, si certains jeunes ont pu en surmonter les séquelles, oublier, voire pardonner, d’autres, encore plus profondément blessés peut-être, portent toujours ces traumatismes qui affectent leur vie actuelle (mariage ou vie religieuse ou célibat) et qu’ils doivent assumer, dans le silence parfois.
Les faits se sont produits voilà 20, 30 ou 40 ans, de sorte que certaines victimes sont aujourd’hui pères ou grands-pères. Ils ont eu lieu en différents endroits du Québec et d’ailleurs. Marie-Paule en était courroucée au dernier point, parfois jusqu’à l’écœurement, mais Elle ne pouvait pas toujours agir en toute liberté. Puis, pendant des années et, en tout cas, depuis 2011, c’est Padre Jean-Pierre qui a voulu tout contrôler et qui, disait-il en diverses circonstances, craignait d’aller en prison si les faits finissaient par être connus (sa crainte n’était peut-être pas justifiée, mais elle prouvait qu’il avait une certaine conscience de sa responsabilité personnelle et de la gravité des faits).
Marie-Paule pour sa part n’avait jamais reculé devant la nécessité de faire la lumière, écrivant même, en titre de deux longs articles, que «Notre transparence nous grandit toujours devant Dieu, malgré les apparences contraires aux yeux des hommes.» (Le Royaume, n° 146 et n° 147, 2000 et 2001)
TOUJOURS LA TRANSPARENCE
Aujourd’hui, l’heure est venue de révéler ce qui nous est connu, car tous les membres de l’Œuvre ont le droit de savoir ce qui s’est passé jadis et comment certaines personnes ont réagi quand elles ont appris les faits. Révéler ce que nous savons relève aussi de notre devoir de reconnaître ce qu’ont subi les victimes et fait partie du «grand ménage» annoncé par Marie-Paule et dans lequel on peut voir le remaniement de l’Œuvre entrepris depuis peu de temps.
D’abord, il est impératif de faire ce que le contexte social, l’ignorance, la crainte ou le désarroi ont empêché les responsables des Fils de Marie de faire il y a 20, 30 ou 40 ans: «prendre les choses en main». Non pas vis-à-vis des coupables nommés ci-dessus (ils sont décédés depuis des années déjà), mais vis-à-vis des victimes d’abord, puis vis-à-vis de l’Œuvre et de ses membres qui se sacrifient pour elle, enfin vis-à-vis du monde extérieur qui en viendra bien un jour à savoir ce que nous-mêmes cependant, pour une bonne part et dans bien des cas, n’avons appris que récemment.
Les victimes des abus
La plupart des victimes sont encore vivantes. Certaines nous sont connues, d’autres non. Toutefois, c’est à toutes les victimes d’abus sexuels commis dans l’Œuvre que je m’adresse en ce jour: en mon nom personnel et au nom de tous les responsables actuels de l’Œuvre de la Dame – alors même que plusieurs d’entre nous n’étaient pas en poste au moment des faits –, je demande sincèrement pardon pour tout le mal qu’elles ont eu à subir de la part de certains prêtres de l’Œuvre. Et je m’adresse également aux parents, frères et sœurs et à tous les proches attristés par la vive souffrance d’un des leurs. Que, du haut du Ciel, la Maman, fondatrice de l’Œuvre, répande un baume de douceur sur les âmes à qui la foi en Elle a parfois coûté cher, et que celles-ci perçoivent toute notre estime et notre admiration pour leur fidélité dans l’épreuve.
De même, et maintenant que la parole est de plus en plus libérée, nous demandons également pardon pour tous les abus de pouvoir et d’autorité qui ont aussi fait un tort considérable à l’Œuvre de la Dame, mais face auxquels les personnes informées n’ont pas toujours su comment réagir. Pourquoi? Principalement parce que le problème résidait dans un exercice inapproprié du pouvoir (et aussi, dirais-je, dans un vœu d’obéissance parfois perçu comme contraignant), ce qui paralysait beaucoup de rouages d’une Église et d’une Communauté que Marie-Paule avait voulues exemplaires.
Les membres de l’Œuvre
Aujourd’hui, nous espérons tous que ce genre de situation ne se présentera jamais plus. Toutefois, même si nous nous efforçons en général d’être respectueux des autres, l’être humain reste fondamentalement le même avec ses limites et ses faiblesses et ses tendances au mal. L’ignorer ne servirait à rien, serait bien illusoire et même dangereux. C’est pourquoi certaines mesures ont été prises. Ainsi, depuis quelques années, nous ne faisons plus appel à des enfants de chœur pour les messes célébrées à Spiri-Maria ou ailleurs6. De même, il est rappelé qu’aucun religieux ne doit jamais se trouver seul avec un jeune en quelque endroit que ce soit (sauf pour la confession qui doit cependant avoir lieu à la vue d’une autre personne). C’est une première précaution prise afin de protéger tout à la fois les jeunes et les prêtres.
Plus récemment, Père Serge Lépine, Supérieur général des Fils de Marie, avec la collaboration d’un membre laïc de l’Œuvre, a rédigé un protocole d’intervention détaillé précisant notamment la manière de signaler d’éventuels abus futurs afin qu’il y soit mis fin tout de suite et que les accusés soient immédiatement confrontés et, s’il y a lieu, déférés aux autorités civiles. Ce protocole contient également différentes informations sur la manière de venir en aide aux victimes et annonce la mise en place d’une cellule psychologique au sein de l’Œuvre7: celle-ci pourra, dans la mesure du possible, soutenir ou accompagner une victime dans son processus de guérison et même, au besoin, l’orienter dans sa recherche d’une aide plus spécialisée dispensée par des professionnels (travailleurs sociaux, médecins, psychologues, avocats).
Le monde extérieur
Sur le plan des relations de l’Œuvre de la Dame avec le monde extérieur, y a-t-il un risque à rendre publics aujourd’hui les faits mentionnés ci-dessus, même si, pour ce qui est des abus sexuels auxquels il est fait référence, ils sont anciens désormais? Certainement. Le fait qu’il n’y ait jamais eu de plainte auprès des autorités policières au moment des faits ne signifie pas qu’il ne pourrait jamais y en avoir, auquel cas certaines personnes pourraient y trouver matière à soulever l’opinion publique contre nous.
Dans ce cas, si nous étions interrogés (et mandatés pour répondre aux questions), la morale et la loi nous feraient obligation de nous exprimer avec franchise et sincérité dans la mesure de nos connaissances et de nos responsabilités. L’Œuvre pourrait bien sûr s’en ressentir, mais ce ne serait pas la première épreuve qu’elle devrait traverser ni la dernière. La très grande majorité des membres a toujours tenu bon, s’est même renforcée dans l’épreuve et face à l’adversité. Si de la malveillance devait se manifester un jour envers nous et que nous soyons honnis, montrés du doigt, vilipendés par des adversaires acharnés, alors ce serait l’heure de vivre, à notre petite mesure et généreusement, ce que Marie-Paule Co-Rédemptrice a connu pendant toute sa vie. Toujours il faut avancer dans la lumière et la transparence, et quel que soit le prix à payer.
UN NOUVEAU DÉPART
En ce sens il a fallu commencer à «délivrer» l’Œuvre de la Dame – ainsi que l’avait d’ailleurs annoncé Marie-Paule – des principaux éléments qui perturbaient voire empêchaient son développement. Tâche difficile, exigeante, longue, ingrate et pas toujours bien comprise par tout le monde, mais, au final, nous avons pu constater à nouveau la vérité de cette affirmation du Seigneur adressée à Marie-Paule après notre excommunication: «Vous êtes libres maintenant.» (Le Livre blanc II, p. 25) Libres en effet, nous l’avons été, pour une première fois, après que l’Église catholique eut supprimé notre lien de dépendance à son égard, et libres, nous le sommes, pour une seconde fois, depuis notre éloignement de ce que devenait l’Église de Jean avant que nous convenions qu’il fallait corriger ses méthodes et ses orientations.
Toutefois, les correctifs appliqués, quelque nécessaires qu’ils aient été, n’ont pas tout réglé, car l’Œuvre est une réalité complexe constituée de plusieurs œuvres plus petites et de beaucoup de corporations légales. S’y chevauchent donc des réalités spirituelles et des obligations administratives. Il a d’abord fallu redresser certaines situations, redéfinir bien des choses et, surtout, rattraper le temps perdu, veillant à ce que la perspective du Royaume et le «redressement» qu’il va représenter pour le monde demeurent toujours au centre de notre espérance à tous à tout moment.
À propos de l’introduction des changements dans le culte, la liturgie, les prières et les sacrements, Marie-Paule m’avait dit: «Tout va se faire étape par étape.» Après l’adoption d’une nouvelle liturgie de la messe en décembre 2024, c’est en effet ce qui se passe aujourd’hui avec l’aménagement de certaines prières et l’introduction de nouvelles: «Je T’aime ô mon Dieu» le 1er janvier 2026, le nouvel Ave Maria le 25 mars et les nouveaux mystères du Rosaire dans les prochains mois. À quoi il faut ajouter de nouveaux rituels pour la Confirmation ainsi que pour la réception des Chevaliers de la Dame, des Oblats-Patriotes et des membres de la Famille des Fils et Filles de Marie.
Mais avant cela, jusqu’au 8 décembre 2024, tout était complètement bloqué. L’évolution ne se faisait pas «étape par étape»: elle ne se faisait pas du tout. Et rien n’annonçait quelque changement que ce soit, même après la parution du livre Un Amour Infini, puisque Padre Jean-Pierre avait écrit, dans sa lettre du 5 décembre 2024, que «pour clarifier ces points [importants] et résoudre ces problèmes [graves] en question, il faudrait concrètement plus d’années et de pages qu’il n’en a été nécessaires pour écrire l’ouvrage “Un Amour Infini”». C’était l’impasse, un blocage total annoncé pour une durée indéfinie, et l’on peut se demander où en serait l’Œuvre aujourd’hui sans le sursaut salvateur qui a fait sauter les verrous l’un après l’autre depuis lors. Une nouvelle preuve que Marie-Paule veille toujours sur son Œuvre et la guide à travers tous les obstacles et toutes les difficultés.
VERS LA GRANDE ACTION
C’est ainsi que des événements peuvent nous obliger à faire ce que nous ne voudrions absolument pas faire. En réalité, c’est l’Œuvre de Dieu qui commande, étant circonscrite par Lui dans ses propres échéances et sa propre finalité. Combien de fois n’avons-nous pas pu constater – en général après coup – que les événements ne surviennent pas par hasard, en un jour indéfini, mais qu’ils sont les maillons d’une chaîne tendue vers un aboutissement précis?
Le nouveau départ que nous vivons actuellement – et dont la portée va s’amplifier – nous achemine «lentement et douloureusement»8 vers la plus formidable des réalisations. Nous le pensons. Nous le croyons. Le plus important n’est pas de savoir combien nous serons à l’arrivée, ni dans quel état de fatigue physique ou psychique ou d’épuisement spirituel, mais ce sera de pouvoir constater que notre continuelle espérance nous aura portés jusque-là. C’est aussi pourquoi nous comptons tellement sur nos jeunes qui seront les guides et les dirigeants du monde de demain.
Pour le reste, il faut que l’Œuvre poursuive son travail de définition d’elle-même car elle ne pourra pas rayonner vraiment tant que ses assises et ses orientations ne seront pas bien comprises et bien assimilées par tous. Il nous faut des convictions solides et bien établies, un culte divin complet, cohérent et compatible avec notre foi, voire une «structure mentale» nouvelle, tout ce qui peut actuellement affermir et «fixer» durablement la religion qui doit rayonner dans le monde à l’avenir.
Comment pourrions-nous nous lancer dans la «grande action» souvent annoncée par la Dame de tous les peuples dans ses messages, si nous ne pouvons pas exprimer clairement ce que nous croyons, si nous n’avons pas une foi solide et totale en la Dame, si nous ne partageons pas profondément l’espérance du Royaume qu’Elle a infusée dans nos âmes? Il est nécessaire et sain que nous comptions sur le Ciel, mais le Ciel compte aussi sur nous. D’ailleurs, en ce moment, il attend que nous soyons prêts. Mais avons-nous toujours bien conscience de la gravité de notre temps?
* * *
Il va donc bientôt falloir se lever, chers Chevaliers de Marie, chers «passagers du même navire», et faire connaître au monde extérieur le trésor divin dont nous sommes les dépositaires: cette promesse d’avenir, la résurrection d’un monde qui agonise aujourd’hui, mais qui, demain, sera complètement renouvelé. Tout n’est-il pas en train de se mettre en place sous nos yeux?
«L’on saura que je suis la Dame de tous les peuples
quand de grandes puissances s’écrouleront»,
dit la Dame dans ses messages (45°),
et en Vie d’Amour (vol. III, p. 118), Marie-Paule précise:
«Ainsi, au moment où toute puissance humaine croulera,
[le Seigneur] propulsera [les âmes purifiées]
dans une grande mission.»
Marc-André Ier, le 25 mars 2026
Sous le même thème