Lettres aux jeunes filles

13- «Nous est-il possible de demeurer indifférentes?»


écrit

DATE DE PARUTION

29 . 02 . 2024

Thématique

Lettres aux jeunes filles

13- «Nous est-il possible de demeurer indifférentes?»

Auteur

Les Filles de Marie

«Nous est-il possible de demeurer indifférentes?»

Chère Amie,

Les parents de Mathilde ne peuvent se permettre de grandes vacances tous les ans, mais, en ce mois de juillet, c’est la fête pour toute la famille, car des amis leur ont gracieusement prêté leur chalet. Mathilde a été tout à fait ravie à leur arrivée. Le chalet, mignon, de couleur rose, est situé près d’un petit lac privé, qui les sépare d’une belle route montante bordée d’érables et de végétation verdoyante.

Maison près d'un lacPourtant, ce ne fut pas long avant que la déception s’empare d’elle, de ses frères et soeurs et que l’on entende quelques bougonnements. En effet, bien qu’ils puissent tous faire à volonté du canoë, de la baignade, du vélo et des excursions dans les sentiers aménagés dans la montagne, ils se sont vite rendu compte qu’à cet endroit, il n’y a ni ordinateur ni Internet et que même le signal du téléphone cellulaire est limité. Allaient-ils s’ennuyer à mourir pendant ces deux longues semaines à venir?

Plus d’une semaine a passé. En ce matin du 10e jour depuis leur arrivée au chalet, Mathilde s’est réveillée tôt et, comme le soleil est déjà invitant, elle s’est doucement faufilée dehors. Seule, dans un endroit solitaire à l’abri des regards, bien installée dans une chaise longue, elle contemple la beauté extraordinaire du décor, du petit lac sans rides dans lequel se reflètent les arbres et l’infini du ciel bleu. Le calme et le silence la pénètrent. C’est curieux comme la nature est apaisante!

Branche d'arbreLoin de ce monde où elle se sent parfois comme un extra-terrestre, où tant de choses la heurtent constamment, car elles vont à l’encontre de ce qu’elle apprend à la maison, elle expérimente pour la première fois la vertu des bois, de l’eau, du silence, de l’horizon. Elle se sent bien, vraiment bien, et, en son coeur, elle s’exclame spontanément: «Mais que c’est beau! Merci mon Dieu! Merci mon Dieu! Que c’est beau!» Paroles on ne peut plus simples, mais véritable prière du coeur qui se laisse envahir par la splendeur et les merveilles de la création. Instant mystérieux, où l’âme est très proche de Dieu!

Il semble bien que Mathilde commence à vraiment apprécier cette «retraite» dans la nature, ne penses-tu pas? Elle semble même avoir oublié l’Internet et les réseaux sociaux qui nous sollicitent sans cesse pour une raison ou pour une autre, enchaînant notre volonté à l’écran pendant souvent beaucoup trop d’heures et épuisant notre système nerveux. Certes, ces choses font partie de notre vie, mais, conscientes de leurs dangers, il faut aussi apprendre à bien en user, avec équilibre, sans y être toujours accrochées. Et, dans ce domaine, nous devons reconnaître que nous sommes parfois très faibles.

La nature, elle, nous ouvre le coeur, nous parle de Dieu, de sa Bonté, de sa Grandeur, de sa Toute-Puissance, de sa Magnificence, de son Infini. À son contact, on comprend qu’il y a un plus grand que soi, un Dieu, Père et Mère à la fois, généreux dans la multitude de ses dons, qui nous aime infiniment. Et, en contemplant ses Merveilles, notre amour s’éveille et revit, tandis que s’établit une communion avec Lui. De plus, la nature est aussi un remède pour le corps, le coeur et l’âme qu’elle apaise et revivifie.

Marie-Paule, qui était si sensible aux beautés de la nature, écrivait: «La Création est un don de Dieu à sa créature. Et quelle merveilleuse harmonie en tout. Nous est-il possible de demeurer indifférents devant tant de beautés?» (Revue L’Armée de Marie, vol. I, p. 70)

Et toi, t’est-il déjà arrivé d’être saisie par la beauté d’un paysage, de vivre ce mystérieux sentiment de bonheur paisible en le contemplant alors que l’âme chante sa reconnaissance et son action de grâce à Dieu et qu’elle aspire au bonheur pur?

Tout imprégnée des grandeurs qui l’entourent, Mathilde, après un moment, ouvre le livre qu’elle a apporté: Le journal de Anne Frank, journal intégral d’une jeune adolescente juive qui a vécu cachée, à Amsterdam, pendant presque deux ans, lors de la Deuxième Guerre mondiale. Finalement découverte avec sa famille, elle fut déportée au camp de concentration et y mourut quelques mois plus tard à l’âge de 15 ans.

coucher de soleilProvidentiellement, Mathilde se trouve juste à l’endroit du livre où Anne exprime ce qu’elle ressent en regardant la nature à travers la fenêtre du grenier, là où elle est cachée: «Tant que cela existe et que je puis y être sensible – ce soleil radieux, ce ciel sans nuages – je ne peux pas être triste. (…) En regardant au dehors, donc Dieu, et en embrassant d’un regard droit et profond la nature, j’étais heureuse, rien d’autre qu’heureuse. (…) Je trouve qu’en se tournant vers ce qui est beau – la nature, le soleil, la liberté, la beauté en nous – on se sent enrichi. En ne perdant pas cela de vue, on se retrouve en Dieu et l’équilibre revient.»                           (Journal de Anne Frank, p. 170-171 et p.183)

Les Filles de Marie


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